
De combien peut-on augmenter le loyer au renouvellement du bail ? Le guide complet
·6 min de lecture
La question que tout propriétaire se pose avant de renouveler un bail
Le loyer que vous avez fixé il y a un an ne correspond plus au marché, les charges d'entretien ont augmenté, et la taxe foncière a grimpé. La question naturelle : de combien peut-on augmenter le loyer au renouvellement du bail, et que se passe-t-il si le locataire n'est pas d'accord ?
La règle de base : en cours de bail — interdit
C'est le point que beaucoup de propriétaires confondent avec ce qui se passe au renouvellement. Augmenter le loyer pendant la durée d'un bail existant constitue une violation du contrat, même si les prix du marché ont significativement augmenté. Un locataire qui reçoit une telle demande peut simplement l'ignorer, et un propriétaire qui tente de l'imposer s'expose à une réclamation. Le loyer est fixe pour toute la durée du bail tel que signé — c'est précisément pourquoi la clause de prix doit être rédigée avec soin dès le départ. Voir notre guide sur les clauses du contrat de location.
Ce qui se passe au renouvellement — pas de plafond légal pour un propriétaire particulier
Ici, la situation change, mais pas comme le pense la majorité des propriétaires. Un propriétaire particulier n'est soumis à aucun plafond légal sur le montant de l'augmentation au renouvellement d'un bail. Le loyer n'est fixe que pendant la durée active du bail signé — une fois ce bail arrivé à échéance, vous êtes libre de proposer le nouveau loyer de votre choix, à condition que le locataire l'accepte. S'il refuse, vous négociez, ou vous ne renouvelez pas.
Le chiffre de « 5 %, ou l'indice des prix à la consommation si celui-ci est plus bas » circule très largement, et beaucoup de propriétaires pensent qu'il s'agit d'une règle générale. Ce n'est pas le cas pour la grande majorité des bailleurs. Cette limite existe bel et bien dans la loi, mais elle vise un cadre très spécifique : les logements détenus par de grandes entités institutionnelles (des sociétés possédant 25 logements ou plus) dans le cadre de programmes gouvernementaux de location institutionnelle de long terme. Si vous louez un ou plusieurs appartements en tant que particulier — même plusieurs biens en nom propre — cette limite ne vous concerne pas. Pour le cadre légal complet applicable à un propriétaire particulier, consultez notre guide sur la loi sur la location équitable 2026.
Ce que cela signifie concrètement : l'indice des prix à la consommation reste un excellent repère pour fixer une augmentation raisonnable et facile à justifier auprès de votre locataire — mais c'est un outil de négociation, pas une obligation légale.

Comment fixer une augmentation raisonnable — et pas seulement possible
Exemple chiffré : le loyer actuel est de 5 500 ₪. L'indice des prix a augmenté de 2,8 % cette année, soit 154 ₪. Un propriétaire qui veut une hausse facile à justifier et à faire accepter peut s'aligner sur ce chiffre — nouveau loyer proposé : 5 654 ₪. Mais si les loyers comparables du quartier ont grimpé de 400 ₪ sur la même période, rien n'empêche légalement de demander davantage : la seule limite réelle est ce que le locataire est prêt à accepter, pas un plafond réglementaire.
Pourquoi se limiter quand même à un chiffre raisonnable ? Parce qu'un propriétaire qui demande le maximum que le marché supporterait risque de perdre un bon locataire pour un gain marginal, avec le coût d'une vacance et d'une nouvelle recherche en face. L'indice des prix ou les loyers comparables restent d'excellents points de repère — pas parce que la loi l'exige, mais parce qu'un chiffre justifiable se négocie toujours mieux qu'un chiffre arbitraire.
Comment communiquer l'augmentation sans perdre un bon locataire
Un bon locataire qui envisage de partir à cause d'une augmentation mal amenée représente un coût facile à sous-estimer : période de vacance, frais de recherche d'un nouveau locataire, incertitude. Avant d'augmenter le loyer :
- Choisissez le bon moment — contactez le locataire 60 à 90 jours avant la fin du bail, pas à la dernière minute. Un locataire pris de court a tendance à réagir défensivement, même face à une augmentation raisonnable
- Expliquez la raison — hausse de la taxe foncière, des charges de copropriété, ou simplement des prix du marché dans le quartier. Un chiffre expliqué se conteste beaucoup moins qu'un chiffre imposé sans justification
- Pesez la valeur du locataire — un locataire choisi avec soin qui paie à temps vaut plus qu'une augmentation maximale avec un risque de rotation
Exemple détaillé : le calcul complet. Prenons un propriétaire qui loue un appartement 5 000 ₪/mois. Les prix du marché dans le quartier ont grimpé d'environ 4,2 % sur l'année écoulée selon les annonces comparables. Plutôt que de viser le maximum que le marché absorberait, le propriétaire aligne sa demande sur cette évolution : 210 ₪, portant le loyer proposé à 5 210 ₪. Il contacte le locataire 75 jours avant l'échéance, explique que la hausse correspond à l'évolution constatée du marché local, et propose de maintenir le loyer actuel si le locataire signe un renouvellement de deux ans plutôt qu'un an. Le locataire accepte — le propriétaire gagne en stabilité, le locataire en prévisibilité.
Que se passe-t-il si le locataire refuse
Sans plafond légal à invoquer, tout repose sur la négociation. Si le locataire n'accepte pas l'augmentation proposée, vous avez deux options : maintenir le prix actuel et renouveler aux conditions existantes, ou ne pas renouveler le bail et laisser le locataire partir à la fin du terme. Un propriétaire ne peut pas imposer une augmentation à un locataire qui refuse de re-signer — il peut seulement choisir de ne pas renouveler. Dans ce cas, prévoyez le délai nécessaire pour retrouver un nouveau locataire avant que le logement ne reste vide.
Questions fréquentes
Existe-t-il un plafond légal si mon bail ne mentionne rien sur les renouvellements ? Pour un propriétaire particulier, non — il n'existe pas de plafond légal général sur l'augmentation au renouvellement. Le silence du bail sur ce sujet ne change rien : vous restez libre de proposer le montant de votre choix, et le locataire libre de l'accepter ou non.
Et si je possède plusieurs biens, ou si mon bien est détenu via une société ? La limite de 5 % ou de l'indice des prix (le plus bas des deux) existe réellement dans la loi, mais elle vise spécifiquement les grandes entités institutionnelles possédant 25 logements ou plus dans le cadre de programmes de location institutionnelle de long terme — pas un particulier propriétaire de plusieurs appartements en nom propre. Si votre bien est détenu via une société ou un fonds d'investissement, vérifiez séparément si ce cadre s'applique à vous.
L'augmentation peut-elle être appliquée rétroactivement si je l'annonce en retard ? Non. L'augmentation ne s'applique qu'à partir de la date de renouvellement effective, jamais rétroactivement sur des mois déjà écoulés au loyer précédent.
Puis-je proposer une augmentation modeste plutôt que d'aligner sur le marché ? Oui, sans aucune restriction. Rien ne vous oblige à demander ce que le marché supporterait. Beaucoup de propriétaires choisissent délibérément une augmentation modeste, voire nulle, quand la stabilité du locataire vaut plus qu'un gain marginal de quelques dizaines de shekels par mois.
Mon bail prévoit une indexation automatique sur l'indice des prix — que se passe-t-il si l'indice baisse ? Si votre bail contient une clause contractuelle d'indexation (voir notre guide sur les clauses essentielles du contrat), c'est cette clause qui s'applique, pas une règle légale générale. Dans ce cas rare où l'indice baisse d'une année sur l'autre, le mécanisme contractuel prévu au bail peut ne permettre aucune hausse, voire un ajustement à la baisse si la clause le prévoit explicitement.
Le principe à retenir
Un propriétaire particulier n'a pas de plafond légal à respecter au renouvellement — mais cette liberté n'est pas un blanc-seing pour maximiser chaque hausse. Les propriétaires qui fixent une augmentation raisonnable, expliquée avec des chiffres concrets (indice des prix, comparables du marché), et communiquée suffisamment à l'avance, gardent de bons locataires plus longtemps — et cela vaut souvent plus qu'un point de pourcentage supplémentaire arraché de force.
Comment Propix vous aide
Propix vous alerte automatiquement avant chaque date de renouvellement de bail, et affiche l'évolution de l'indice des prix à la consommation depuis la signature — pour que vous disposiez d'un repère chiffré et objectif au moment de discuter d'une augmentation avec votre locataire.