
Expulser un locataire qui refuse de partir – La procédure juridique, étape par étape
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Quand en arrive-t-on vraiment là
La plupart des litiges entre propriétaires et locataires se résolvent avant d'en arriver à une expulsion judiciaire. Mais quand cela arrive — un locataire qui ne paie pas et ne part pas, ou un locataire qui continue d'occuper le logement après la fin du bail sans accord — il est important de connaître précisément la procédure, car la moindre erreur de forme peut vous retarder de plusieurs mois. Si la situation n'en est pas encore au refus de partir mais concerne des retards de paiement, commencez par notre guide sur le locataire qui ne paie pas, qui détaille les étapes préalables susceptibles de vous épargner toute cette procédure.
La procédure d'expulsion, étape par étape
Étape 1 : mise en demeure écrite formelle
Avant toute action judiciaire, vous devez envoyer au locataire une mise en demeure écrite — une lettre ou un avis formel (idéalement par courrier recommandé et WhatsApp en parallèle) détaillant l'infraction et accordant un délai raisonnable pour y remédier (généralement 7 à 14 jours). Cette mise en demeure est quasiment une condition préalable à la poursuite de la procédure judiciaire — le tribunal vérifie que vous avez donné au locataire une réelle opportunité de corriger la situation.
Étape 2 : dépôt d'une plainte en expulsion
Si la mise en demeure n'a pas suffi, une plainte en expulsion est déposée auprès du tribunal d'instance compétent pour le lieu où se trouve le bien. En 2026, les frais de dépôt d'un dossier d'expulsion s'élèvent à environ 774 ₪. Il est important de déposer la plainte avec toute la documentation pertinente :
- Le bail signé
- La documentation du non-paiement ou de l'infraction (y compris le protocole de remise des lieux, le cas échéant)
- La mise en demeure écrite et la preuve de sa remise
- Les échanges avec le locataire
Étape 3 : voie accélérée — expulsion en procédure rapide
Pour certaines plaintes en expulsion, en particulier lorsque l'infraction est claire et sans défense raisonnable possible, il est possible de demander une procédure accélérée. Cela peut raccourcir significativement le délai — de plusieurs mois à quelques semaines — mais cela exige que votre dossier soit « propre » : bail valide, documentation organisée, et mise en demeure envoyée dans les règles. C'est la raison principale de maintenir une documentation rigoureuse dès le premier jour du bail.
Étape 4 : jugement et exécution
Si le tribunal statue en votre faveur, un jugement d'expulsion est rendu. Si le locataire ne part toujours pas de son plein gré, il faut s'adresser au bureau d'exécution pour procéder à l'expulsion effective — avec coordination d'un huissier et, si nécessaire, de la police.
Comparaison réelle : un dossier bien préparé face à un dossier bâclé. Deux propriétaires se retrouvent avec un locataire en défaut de paiement depuis quatre mois. Le premier avait envoyé sa mise en demeure par WhatsApp uniquement, sans accusé de réception formel, et n'avait conservé aucun protocole d'entrée. Son dossier met sept mois à aboutir, le tribunal exigeant des preuves supplémentaires à chaque audience. Le second avait envoyé sa mise en demeure par recommandé avec accusé de réception, conservait un protocole d'entrée signé et l'historique complet des paiements. Son dossier, jugé « propre » par le tribunal, est traité en procédure accélérée et aboutit à un jugement en dix semaines. La différence tient presque entièrement à la qualité de la documentation, pas à la force de l'argument juridique lui-même.
Ce qu'il ne faut absolument jamais faire — « l'expulsion par ses propres moyens »
La tentation la plus dangereuse : changer les serrures, couper l'électricité ou l'eau, ou sortir de force les affaires du locataire pour « accélérer » son départ. Ces actes constituent des infractions pénales, même si le locataire ne paie pas et même si vous avez entièrement raison sur le fond. Un propriétaire qui recourt à « l'expulsion par ses propres moyens » s'expose à une plainte reconventionnelle, voire à une procédure pénale — et risque de perdre sa plainte initiale. Toute expulsion doit passer par le tribunal.

Combien de temps cela prend-il réellement
La procédure complète, de la première mise en demeure jusqu'à l'expulsion effective, peut aller de deux mois (dans les cas clairs avec documentation complète) à près d'un an (lorsque le locataire dispose de moyens de défense juridiques ou que les tribunaux sont surchargés). C'est pourquoi la prévention vaut toujours mieux que la guérison — bien choisir son locataire dès le départ est le meilleur investissement possible.
Questions fréquentes
Puis-je récupérer les frais de justice auprès du locataire ? Le tribunal peut les mettre à la charge du locataire dans le jugement final, mais leur recouvrement effectif dépend de la solvabilité du locataire et peut nécessiter une procédure d'exécution distincte.
Le locataire peut-il faire appel et prolonger encore la procédure ? Oui, un appel reste possible selon les règles de procédure habituelles, ce qui peut ajouter plusieurs mois — une raison supplémentaire de constituer un dossier irréprochable dès le départ.
Ai-je besoin d'un avocat pour toute la procédure ? Ce n'est pas toujours obligatoire selon le tribunal saisi, mais une procédure d'expulsion comporte suffisamment de pièges de forme pour qu'un accompagnement juridique, au moins ponctuel, réduise sensiblement le risque de retard ou de rejet pour vice de procédure.
Le locataire peut-il rester dans les lieux pendant toute la durée de la procédure ? En général oui, sauf mesure conservatoire exceptionnelle accordée par le tribunal. C'est précisément pourquoi la durée totale de la procédure — et non le simple dépôt de la plainte — détermine combien de temps vous devrez encore attendre avant de récupérer votre bien.
Ce qu'il faut retenir
Expulser un locataire est une procédure judiciaire ordonnée, pas un événement ponctuel. Garder les choses en ordre — mise en demeure écrite, documentation complète, et dépôt auprès du bon tribunal — c'est ce qui distingue une procédure de deux mois d'une procédure d'un an. Et n'oubliez pas : aucune étape ne justifie de se faire justice soi-même.
Comment Propix vous aide
Propix conserve toute votre documentation pertinente au même endroit — correspondances, paiements, mises en demeure et documents — afin que si vous atteignez l'étape judiciaire, tout ce dont vous avez besoin soit déjà organisé et prêt.